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CADRANS SOLAIRES DE TOURAINE ET D'AILLEURS
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SIX CADRANS CANONIAUX SUR L'EGLISE DE SAZILLY

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Sazilly est une petite commune située à environ 5 km au sud-est de Chinon, au bord de la Vienne sur la rive gauche. Autrefois ce fief relevait de L'île-Bouchard. Son prieuré dépendit de l'abbaye de Marmoutier jusqu'au XVI ème siècle, époque où il fut réuni au prieuré de Tavant. L'église Saint Hilaire date de la fin du XII ème siècle, la nef est à voûtes angevines, le cœur est à chevet plat et le clocher est carré avec des contreforts. Le cimetière est accolé à l'église, il faut dont pénétrer dans celui-ci pour accéder au mur sud où sont gravés 6 cadrans qui semblent être des canoniaux.

Façade ouest de l'église.
façade sud et emplacements des cadrans.

Les cadrans canoniaux.

Ces cadrans qui datent du XII ème au XIV ème siècle se trouvent gravés exclusivement sur des édifices religieux. Leur vocation n'est pas d'indiquer des heures mais les moments de la journée où doivent être célébrés les différents offices prescrits par la règle de Saint-Benoît. Ces 7 célébrations sont Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Ces cadrans solaires sont d'une précision plus que médiocre et montrent une certaine régression par rapport à ceux (scaphés et autres) fabriqués par les Grecs, les Romains ou les Egyptiens. Le style, c'est à dire la tige qui porte ombre, était constitué d'un simple bâton planté dans le mur, il n'en reste jamais rien aujourd'hui si ce n'est le trou de fixation. Ce style était perpendiculaire au plan du mur, c'est ce qui explique le manque de précision de ces cadrans qui indiquaient des heures inégales aussi bien au fil d'une même journée que selon la saison. Il a fallu attendre plusieurs siècles avant que l'on songe à incliner le style et le mettre parallèle à l'axe de rotation de la Terre et ainsi indiquer des heures toujours égales. Ces cadrans solaires ont été relativement peu étudiés et ils restent entourés de beaucoup de mystères. Il semble que leur nombre soit beaucoup plus important qu'on ne pouvait le penser auparavant. Certains sont gravés très régulièrement mais beaucoup sont d'une facture très grossière. Les cadrans solaires " classiques " sont en général situé en hauteur pour être vus de loin et à l'abri des vandales, les canoniaux eux, sont plutôt à hauteur d'homme. Ils sont souvent gravés en plusieurs exemplaires sur le même mur d'une église sans que l'on sache vraiment pourquoi, mais parfois on n'en trouve qu'un seul. On ne sait pas exactement qui les a gravé, sans doute des moines, mais les canoniaux ne se retrouvent pas uniquement sur les abbayes mais aussi sur les petites églises rurales et des collégiales.

Cadran N°1
C'est le moins facile à découvrir, il reste peu de chose du tracé sur une pierre du premier contrefort en partant de l'ouest. Par chance, il est parvenu jusqu'à nous car les pierre l'entourant ont été remplacées par des neuves lors d'une restauration récente. Seul le trou de fixation du style est facilement repérable, on voit aussi une ligne verticale et une autre horizontale partant vers la droite. Dans le coin inférieur droit on devine un arc de cercle. Ce cadran est situé à 1,20 mètre au dessus du sol actuel.

Cadran N°2
Situé aussi à 1,20 mètre du sol sur une pierre du mur sud à droite du premier contrefort, ce cadran mesure 33 cm de diamètre. Là encore le trou central est bien marqué. Au premier coup d'œil ce cadran semble tracé dans un demi cercle, en fait le cercle est entier mais moins marqué et masqué partiellement par du ciment dans sa partie supérieure. La partie inférieure est divisée en secteurs inégaux délimités par des lignes gravées plus ou moins fortement. La verticale, la ligne à gauche de celle-ci et les deux horizontales sont évidentes, dans le quart inférieur droit deux autres lignes sont visibles dont celle à droite de la verticale qui ne converge pas exactement vers le trou central comme les autres. Dans le quart inférieur gauche semble apparaître une septième ligne entre l'horizontale et la plus marquée, mais cela pourrait aussi être le hasard de l'érosion qui ait fait son œuvre tellement le tracé est peu évident.

Cadran N°3
Sur le contrefort gauche du clocher se trouve un groupe de trois cadrans. Le supérieur, situé à environ 1,40 mètre au dessus du sol, mesure 13 cm de diamètre. Il s'agit cette fois d'un demi cercle dans lequel sont tracées 12 lignes bien marquées qui convergent vers le trou central. Ces 12 lignes délimitent donc 11 secteurs, 6 à gauche et 5 à droite. A noter que les lignes de gauche sont moins rectilignes que celles de droite.

Cadran N°4
Juste au dessous, un autre cadran est gravés beaucoup plus grossièrement. A environ 1,20 m du sol, un cercle irrégulier de 9 cm de diamètre contient des lignes rayonnant autour d'un trou central. Comme dans le cadran N°2, certaines lignes ne convergent pas exactement vers le centre. Est-ce dû à la maladresse du graveur ? Peut-être que non car on rencontre quelquefois ce cas sur les canoniaux. Il est possible que ce soit une manière d'améliorer la précision. En effet, le style étant constitué par un bâton assez gros, l'ombre était large et on traçait peut-être certaines lignes en bordure de l'ombre et non dans l'axe.

Cadran N°5
Le plus bas du groupe des trois est situé à 1 mètre du sol et mesure environ 15 cm de diamètre. Son tracé est peu évident, même le trou central est peu marqué et n'a pas pu recevoir un style, il est possible que dans certains cas il était amovible, on le plaçait à l'endroit du point en le tenant à la main le temps de la lecture de l'heure, on peut même imaginer que l'on se servait simplement d'un doigt pointé sur le mur pour marquer l'ombre. Dans un demi cercle, quelques lignes peu rectilignes convergent. Il s'agit peut être simplement de l'ébauche d'un cadran jamais terminé.

Cadran N°6
Situé à environ 1,30 mètre au dessus du sol, sur le pilier droit du clocher, ce cadran mesure 20 cm de diamètre. Il diffère beaucoup des précédents, à tel point qu'on se demande s'il date bien de la même époque. Les cercles sont tracés très régulièrement, certainement à l'aide d'un compas, les rayons les plus marqués sont rectilignes mais d'autres moins creusés semblent avoir été creusés à main levée. Le trou central est moins grossier que les précédents. Ce tracé ressemble peu aux canoniaux que l'on rencontre habituellement, s'agit-il de l'ébauche d'un cadran à style polaire, ou simplement un dessin décoratif ?