Retour sommaire
CADRANS SOLAIRES DE TOURAINE ET D'AILLEURS
Retour Paris


english

Eglise Saint-Sulpice
Place Saint-Sulpice

-

C'est en 1646 que Anne d'Autriche posa la première pierre de cette église qui remplaça une chapelle devenue trop petite. Mais dès 1655 on s'est aperçu que celle-ci n'était encore pas assez grande, on décida alors d'en construire une nouvelle sur les bases de l'ancienne. Faute d'argent, les travaux s'arrêtèrent en 1678 et reprirent en 1718 pour se terminer en 1725.

Sur le sol on peut voir une ligne constituée d'une baguette de cuivre encastrée dans le pavement. Cette ligne matérialise le méridien du lieu, elle est coupée chaque jour à midi solaire par un faisceau lumineux produit par la lumière du Soleil qui traverse un trou dans la verriere sud. La hauteur du Soleil variant selon les saisons, la tache lumineuse coupe la ligne à des endroits différents selon la date. Au solstice d'été le Soleil est au plus haut, le faisceau coupe la ligne au plus près du mur sud, au solstice d'hiver le Soleil est au plus bas, le faisceau s'allonge et l'église n'étant pas assez grande on a prolongé la ligne sur le mur nord, entre ces deux dates les positions varient chaque jour.
C'est Charles Le Monnier qui a fait tracer cette méridienne en 1743, il ne s'agit pas d'une simple décoration mais d'un instrument scientifique qui a servi à résoudre des problèmes astronomiques comme par exemple la diminution de l'obliquité de l'écliptique.

La plaque indiquant le solstice d'été.
La plaque ovale qui matérialise les équinoxes de printemps et d'automne.
Le gnomon qui permet de prolonger la ligne sur le mur nord afin de pouvoir indiquer le solstice d'hiver.

La verriere avec en-haut à droite le trou par lequel passe le faisceau de lumière. Ce sont en fait deux oeilletons qui ont été disposés, car Le Monnier s'était aperçu qu'aux alentours du solstice d'été le trou principal était dans l'ombre du rebord de la fenêtre, il en fit donc placer un second. Ces deux tros comportaient à l'origine des lentilles en verre qui permettent de mieux faire converger le rayon de lumière et ainsi augmenter la précision. Malheureusement de nos jours une seule reste en place, de plus, de nombreux autres trous provoqués par les outrages du temps augmentent le nombre de taches lumineuses et brouillent un peu la lecture.

Observation très studieuse du passage au méridien, le 15 mai 2004, par les membres de la commission des cadrans solaires de la Société Astronomique de France.

Sur la partie inférieure du gnomon, on peut lire une inscription en Français et en Latin. Si certaines parties ont été effacées, ce n'est pas pour cacher des preuves confirmant les faits exposés dans le livre "Da Vinci Code", ces passages ont simplement été supprimés sous la révolution car ils faisaient l'apologie du Roi et quelques nobles ayant permis la construction de cette église.

Les erreurs du "Da Vinci Code"
Dans son livre, Dan Brown précise que la méridienne de Saint Sulpice est sur le méridien de Paris. C'est faut, le méridien de Paris, qui fut en concurence avec le méridien de Greenwich pour devenir le méridien de référence, est le méridien qui passe par le centre de l'observatoire astronomique de Paris et non pas par Saint-Sulpice. Ce n'est là qu'une des nombreuses erreurs et ambigüités qui truffent le roman "Da Vinci Code".

La méridienne de Le Monnier n'est pas la première dans cette église, déjà en 1727 l'horloger Henri de Sully avait entrepris d'en tracer une pour résoudre les problèmes de l'heure à Paris, mais il mourut en 1728 et ne put la terminer. Aujourd'hui il n'en reste que très peu de traces en dehors de ces lignes et chiffres près de la porte sud.

A l'extérieur il y a aussi un cadran solaire. Il se trouve sur un des contreforts de la façade sud.

Il indique les heures de 9H du matin à 2H de l'après-midi.